Juste avant la projection de presse, l?attaché de presse de la Warner était posté sur les marches rouges, distribuant de faux exemplaires du San Francisco Chronicle, le quotidien dans lequel travaillent les héros de Zodiac. On s'attendait plutôt à ce qu?il nous propose à peu près n?importe quel journal ayant publié une critique du film, tant l?accueil de la presse aux Etats-Unis fut excellent. Et en France aussi, les éloges pleuvent : "captivante chronique" (Marie sauvion, Le Parisien), "élégance implacable" (Didier Péron, Libération), "rare maîtrise" (François Forestier, Nouvel Observateur), "fascinant de la première à la dernière minute" (Mathieu Caratier, Première)? On en passe. Bill Krohn correspondant américain des Cahiers du Cinéma, écrit d?ailleurs : "les critiques américains ont presque unaniment loué le film ?si unaniment que nous avons tous écrit le même article, félicitant fincher d?avoir débarrassé son cinéma de ses premières fioritures maniéristes".
Car ce qu?on retient de tous ces articles, c?est la comparaison faite avec les ½uvres antérieures de Fincher. Selon Jean-Baptiste Maurin (Les Inrocks), Zodiac est "son meilleur film à ce jour, celui où il semble enfin maîtriser intelligemment son art" -une manière de pointer les défauts de Seven et Fight club ? Pour Bill Krohn, c?est ce côté "anti-Seven" qui a plu. "Pas de murs qui suintent, d?ambiance crépusculaire, ni de Nine inch Nails en musique de générique", se réjouit Mathieu Caratier, qui parle d?un film "adulte"» , terme également employé par Olivier Bonnard (Télécinéobs), tandis que Todd McCarthy (Variety) parle de "l?½uvre la plus mure et accomplie de Fincher". A l?inverse, Frédéric Strauss (Télérama), un des rares critiques déçus, se sent "privé du plaisir visuel dont Fincher le régale habituellement" jugeant que "la banalité ne réussit pas au cinéaste". Il s?oppose à Aurélien Férenczi, qui travaille dans le même journal, mais se félicite, lui, de voir ainsi réaffirmé "le triomphe du récit".